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Les débuts d'une prise de conscience  24/07

Une prise de conscience mélange généralement deux sentiments :

  • Que l’enfance a été moins insouciante que ce que les souvenirs expriment
  • Qu’un certain nombre de comportements qui semblent être des traits de caractères, des goûts bien établis, sont en fait des compensations de ces vécus précoces, qui persistent dans l’inconscient et guident nos actions

 

Pour certains, le premier point a toujours été clair, c’est uniquement le second qui émerge.
Ce début d’une prise de conscience est toujours un moment charnière, déroutant, tout en étant de plein de promesses. Cette étape peut être inquiétante car elle représente une forme de crise identitaire :
Si mon caractère, mes goûts, mes capacités ne sont que des réactions à des épisodes de mal être, qui peuvent évoluer, qui suis-je au fond ? Ceci est d’autant plus sensible qu’on trouve fréquemment des pôles d’excellence dans ces capacités. Si mes qualités me semblent tout à coup n’être plus que les symptômes d’une névrose, quelle désillusion … Là se situe un frein à la poursuite d’un travail en thérapie : la peur de l’inconnu, la peur de perdre les repères en ses capacités, de perdre le contrôle.

 

Tentons donc d’éclaircir ce moment charnière.

 

Il est clair que toute forme d’excellence, de maîtrise, peut répondre à un besoin de reconnaissance, de sécurité.
Et alors ? Quelle excellente solution ! Ce n’est pas parce que ce type de compensation s’est mis en place inconsciemment qu’il ne vous appartient pas, qu’il n’est pas pertinent. Votre inconscient guide votre vie, et lui faire confiance est de loin la meilleure solution. S’il vous a guidé dans cette voie à un certain stade de votre évolution, c’est qu’à cette époque là, c’était la bonne solution. Vous aviez besoin de mettre en place ce mode de fonctionnement pour vous construire dans un environnement suffisamment stable. A présent il vous amène à des prises de conscience, car vous êtes capable de passer à une autre étape. Ce n’est pas pour cela que vous allez perdre vos capacités. Simplement elles ne vous seront plus indispensables comme mode de compensation, pour être reconnu(e), pour vous sentir serein(e)... Vous les utiliserez comme bon vous semble, et les délaisserez quand elles vous freinent.

 

J’aime utiliser la métaphore des roulettes de bicyclette. Elles vous ont permis d’apprendre un périlleux exercice de conduite. Vous êtes perplexe parce que vous avez l’impression que ces roulettes qui vous permettaient de progresser vous limitent à présent. Il y a bien sûr de l’appréhension à les quitter, vous en avez tellement l’habitude. Il faut vous faire confiance, elles ne servent effectivement plus à rien et vous empêchent d'accélérer. Elles ne sont pas à critiquer, il ne faut pas culpabiliser de les avoir utilisées. Il est simplement temps de les remercier chaleureusement d'avoir pris grand soin de vous, de les démonter et de les ranger. Vous voici à présent libre d’aller plus loin, d’accéder pleinement à votre vie de coureur cycliste.

 

Il se trouvera peut-être dans votre entourage des gens qui souhaitent que vous conserviez des roulettes et qui n’apprécieront pas votre accélération. C’est le prix de votre liberté.


Eric Richalley
Evoluer par la thérapie

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souaze  02/06/2008
je vais envoyer ton texte à une patiente reçue vendredi:c'est exactement ce que nous avons travaillé! merci

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